BIOGRAPHIE

laurent bagnard, nyc 1987

Photo L.Bagnard – New York City 1986 – ‘End the Joke, Die For your Art’

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Ami internaute, aimable douanier, et éventuel employé de la NSA, je vous propose ici de vous informer sur ma petite personne, sa trajectoire et leur ancrage dans ce monde. Si cet exercice doit commencer par une date de naissance, autant que celle ci soit replacée dans son contexte, et que ce dernier décrive un cheminement à travers des faits, qui eux, méritent une véritable attention !  Permettez moi de m’affranchir du ‘je’ dans les lignes qui suivent, et de vous inviter en :

1963

Bob Marley fonde les Wailers, les Stones tournent avec les Ronettes, les Beatles sortent ‘Please Please Me’, les Kingsmen ‘Louie Louie’ et Johnny Cash ‘Ring of Fire’.

Kodak sort son premier Instamatic; la première interface graphique pour ordinateur est inventée, de même que l’imprimante à jet d’encre (Teletype Inkronic).

Sur les écrans arrivent ‘Les Oiseaux’ d’Hitchcok,  ‘James Bond contre Dr No’, et ‘Mourir à Madrid’, un documentaire (censuré en France) de Fredéric Rossif sur la Guerre Civile Espagnole. Au rayon librairie : la première apparition d’Iron Man, des X-men et du lieutenant Blueberry, ainsi que la publication de ‘Visions de Gerard’ (Kerouac), ‘Au Carrefour des Etoiles’ (Clifford D. Simak), ‘Le Gala des Emplumés’ (San Antonio)

En France, la première centrale nucléaire est mise en service et ce pays signe un traité d’amitié et de coordination avec l’Allemagne, 18 ans après la fin de la deuxième guerre mondiale, pour peu qu’elle soit vraiment terminée.

Le ‘Telephone Rouge’, une ligne directe Kremin – Washington plutôt utile en temps de Guerre Froide, est installée.

A la même époque, John F. Kennedy déclare à Berlin-Ouest (enclave capitaliste en territoire Allemand sous contrôle communiste) ‘Je suis un Berlinois’  (26 Juin) et se fait dessouder à Dallas, TX, le 22 Novembre. Entretemps, il avait soutenu Martin Luther King dans son combat (non violent) contre la discrimination raciale aux USA, entamé à la fois un processus de désarmement entre les US et l’URSS ainsi qu’un retrait des ‘conseillers militaires américains’ au Viet Nam.

Elle est Russe et spationaute : Valentina Terechkova devient la première femme dans l’espace, après avoir passé 3 jours en orbite autour de la planète bleue dans son Vostok 6 . Brigitte Bardot se contente d’être splendide dans le ‘Mépris’, adapté de Moravia.

Porsche présente au monde sa 911, le californien Dean Moon démontre à l’Europe (via l’Angleterre aux Brighton Speed Trials) la puissance du V8 compressé et éveille dans cette partie du monde le mâle intérêt pour la course en ligne droite : le dragster.

Johnny Depp, Brad Pitt, Alejandro Gonzalez Inarritu, Jet Li, Quentin Tarantino, Roch Voisine et Laurent Bagnard voient le jour. Ce dernier à Paris, en Avril.

 

1975

Tom Waits sort ‘Nighthawks At The Diner’, Patti Smith ‘Horses’, Bruce Springsteen ‘Born to Run’, The Who ‘The Who by Numbers’. A Londres, un certain Malcom Mac Laren recrute via le dénommé Bernie Rhodes le jeune John Lydon pour chanter dans une formation musicale répondant au nom de ‘Sex Pistols’.

Kodak invente le premier appareil photo numérique. La société Micro-Soft est fondée à Albuquerque, NM, USA.

Au cinéma, ‘Les Dents de la Mer’ réveille la mémoire atavique de toute une génération tandis que dégouline ‘Histoire d’O’ sur les écrans des salles obscures et s’impose l’adaptation de ‘Vol au-dessus d’un nid de coucous’. Elle fait oublier que l’auteur du livre éponyme utilisa ses royalties initiales pour inventer l’Acid Test, inspirant aux Who la chanson ‘Magic Bus’ … et nous permet d’introduire le film ‘Tommy’ sorti cette année-là également ! Interprété par le chanteur et leurs amis de la jet set rock’n’roll, écrit par le guitariste, il s’assortit d’un ‘opéra rock’ sur 4 faces de 33 tours, en deux versions et deux pochettes respectives au goût discutable.

Valéry Giscard d’Estaing, président de la République, s’invite à diner chez les Français d’en bas (ainsi qu’une équipe de television, mandée pour l’occasion). Pendant ce temps, Saigon devient Ho-Chi-Min City puisque les Américains ont perdu la guerre du Viet Nam au bénéfice d’un régime communiste qui s’installe et épure sans perdre une seconde : la deuxième guerre mondiale n’en finit pas de finir. Francisco Franco, dictateur espagnol depuis 1939, meurt en Novembre – pour lui c’est définitif.

L’ONU déclare 1975 “l’année de la femme”. Andrei Sakharov, le  père de la bombe H soviétique, reçoit le prix Nobel de la Paix.

Dans les kiosques, on peut désormais trouver Metal Hurlant, trimestriel de BD pour adultes.

Starsky roule en Ford Gran Torino. Sa déco rouge à bande blanche est reprise en France sur nombre de R12, plus communes donc moins auréolées de gloire.

Laurent Bagnard se voit offrir son premier appareil photo, un Kodak Instamatic, ainsi que son premier 33 tours, ‘Tommy’, qu’il possède encore. Il tremble à l’idée que Giscard s’invite à la table familiale. Il aime dessiner, lire, et faire des maquettes – plutôt que jouer au foot, par exemple. Il aimerait bien devenir astronaute.

1977

L’année Sainte, d’après Kent, déboule avec ‘Never Mind the Bollocks’ des Sex Pistols , et  ‘The Clash’ en guise de soundtrack. Peu avant, il y eut ‘Ramones’, suivi par ‘Rocket to Russia’ et ‘Leave Home’, sans oublier le ‘New Rose’ de ’76 des Damned enchaîné sur l’album ‘Damned, Damned, Damned’, ainsi que ‘Rattus Norvegicus’ et ‘No More Heroes’ des Stranglers, ‘In The City’ des Jam et ‘Marquee Moon’ de Television. Bob Marley & The Wailers sortent : ‘Punky Reggae Party’ et ‘Jamming’, fort opportunément.

Dans Metal Hurlant, Denis Sire dessine ‘Menace Diabolique’ et les Humanoïdes Associés (sa maison d’édition) publient Auclair, Corben, Wrightson, Ellison, Ambler, etc…

Il faudra à Laurent un an pour digérer tout cela, ainsi que l’environnement de banlieue oubliée de Dieu et des hommes dans lequel il échoue. Joe Strummer, de Clash, arbore le slogan ‘Creative Violence’.  Laurent est à l’écoute, dessine, lit Metal, fait moins de maquettes et ne jouera jamais au foot. Il photographie sa ville depuis les toits, les jours de pluie.

Le monde, pendant ce temps, continue de tourner. Il ne sera jamais plus le même, et Laurent ne deviendra jamais astronaute.

1979

A travers ‘London Calling’ et le livre de photos de Pennie Smith, ‘Clash before and after’, Laurent découvre un autre univers et lit Jack Kerouac. Il fonde son premier groupe, ’78 rpm’ d’après le single des Stiff Little Fingers, puis ‘Peaches’ d’après un titre des Stranglers et l’une des premières chansons qu’il a appris à la basse.

Au cinéma sort ‘Les Seigneurs’, de Philip Kaufman.

Sid Vicious s’extrait du monde à l’âge de 22 ans mais ni Laurent ni son gang ne suivront son exemple.

1980

‘Sandinista’, le triple album de Clash, parle mieux du monde que les nouvelles officielles. Le rap et le hip hop viennent de naître à New York, la Révolution est en victorieuse au Nicaragua, Che Guevarra, Fidel Castro, Victor Jara, Salvador Allende rejoignent au Rendez Vous des Héros initié par le combo londonien Stagger Lee, Monty Cliff et les combattants anonymes de la guerre d’Espagne, survenus eux l’année précédente dans la vie bourgeonnante de Laurent.

Le monde vient à lui, musicalement, sans qu’il en ait vraiment conscience.

1981

La France devient socialiste sous la bannière ‘La Force Tranquille’, grâce aux jeunes qui votent en masse à gauche.

Le premier numéro de Nitro magazine (custom, dragster et rock’n’roll) sort dans les kiosque. Denis Sire en dessine le logo, ainsi que les illustrations d’édito pendant 3 numéros. Vince Taylor et le Clash s’y retrouvent sur le capot d’une ‘Brand New Cadillac’. L’époque va, curieusement, à rebrousse-temps : les autos des années 50 reviennent en couverture, les Américaines se gaussent du prix de l’essence et le punk rock a la grâce de reconnaitre ses racines. En Californie, Mike Ness et son combo Social Distortion sortent leur premier 45 tours.

1984-1999

L’année orwellienne de la majorité old school de Laurent Bagnard débute avec un diplôme des Beaux Arts et une volonté colorée de s’approprier un petit bout d’espace avec sa guitare, son appareil photo et quelques crayons. La jonction du vaste monde et du sien propre se fera par d’autres moyens, principalement en exerçant nombre de petits boulots (professeur de dessin, cuistot de fast food, décorateur de théatre etc…). Il terminera cet apprentissage de la vie d’adulte dans un squat sans chauffage, face à un ordinateur rétif sur lequel il fait ses armes : il apprend à taper avec 10 doigts lors d’un hiver si rigoureux qu’il gelait à l’intérieur de son bureau. Il écrit un premier recueil de nouvelles, devient régisseur de plateau, écrit un synopsis plus long, quitte son groupe, peint, et s’investit dans la vidéo professionnelle par amour de l’image, de la narration, du rythme et aussi parce qu’il avait rudement envie de manger à sa faim.

Il entame alors un tour du monde pour le compte de diverses sociétés televisuelles qui durera plus de 10 ans : Amériques, Asie, Moyen Orient, Europe…  Il travaillera dans 42 pays, et traversera les nineties la plupart du temps en classe éco, en lisant les nouvelles du monde dans des journaux en Anglais. Il survolera donc la chute du mur de Berlin et l’écroulement du bloc soviétique, participera de loin au gouvernement d’alternance de son pays, ajoutera sa touche à un film sur l’état désastreux du parc de centrales nucléaires de l’ex-URSS, s’investira dans les tractations commerciales annonçant avant publication dans la presse la fin de la guerre au Kosovo, programmera les ordinateurs traitant graphiquement des élections italiennes gagnées d’avance par un certain S.Berlusconi, regardera de haut la droite gagner du terrain dans la vieille Europe et le modèle capitaliste s’étendre de  la Pologne à la Chine. Il lira Castaneda dans le désert mexicain, Borges en Argentine, Paco Ignacio Taibo II en Arabie Saoudite, Kerouac dans le texte et s’accompagnera souvent d’un indestructible Nikon F2 et toujours d’une solide collection de CDs glanés autour de la planète. Il finit par s’établir au Mexique, après un éreintant périple autour du globe et la naissance de son premier enfant.

2000- 2014

Las des 16,7 millions de couleurs proposées par les programmes informatiques, il redécouvre le plaisir de peindre dans sa maison  mexicaine, qui par un fortuit hasard, jouxte presque celle que DH Lawrence occupa en 1923. Il visite celle de Trostky à México, roule en Chevy ’55 (sa première maquette de voiture) et file voir Mike Ness et Joe Strummer jouer à Los Angeles avant le changement de millénaire.

La sous-culture automobile américaine se conjugue alors en 4 temps tout comme le punk rock (dernière incarnation de la contre-culture) qui, à l’instar de la deuxième guerre mondiale, n’en finit pas de finir, contrairement à ce qu’annonçait la presse française de son adolescence. La jonction des deux mondes se fait dans la redécouverte des vertus du hot rod et du kustom et il documente cette renaissance, comme se popularise l’internet.

La conjoncture économique le rapatrie en France, mais son statut autoproclamé de citoyen du monde le ramène en Californie, où il interviewe (?) Ness et Strummer, trouve une galerie d’art intéressée par ses peintures et un agent new yorkais qui voit un intérêt dans ses textes. Il rentre en France et dans le monde de la presse par une porte dérobée : il écrit pour CrossRoads en rock et tente Nitro en V8. L’attentat du 11 Septembre lui coupe littéralement les ailes alors que le monde entre dans l’ordre nouveau prédit par ‘W’ à Aspen, Montana quelques mois auparavant. Hunter S Thompson (résident dans cette ville) meurt quelques années plus tard, et Bush travaille pour sa ré-election après une désastreuse guerre du Golfe version 2.0. Laurent documente la tournée ‘Rock Against Bush’ aux USA, écrit pour la presse française et se voit refuser ses articles sur le hot rod et le kustom. Il décide non seulement de quitter l’univers hi-tech des stations de TV avant qu’elles ne le quittent et se concentre sur son appareil photo désuet, mais fidèle, alors que nait son deuxième fils.

Il trouve asile en Suisse, à Genève, où il rencontre les Cheaters, un car club tendance néo fifties et sort ‘Cheatersville‘, un livre de photographie documentant un an passé autour de ces activistes de la disqueuse et de la Guild vintage. Peinture mate, gomina, rock’n’roll… ce concentré à la fois intemporel et totalement décalé, en noir et blanc et couleurs vives, interpelle la presse dite spécialisée qui, cette fois, lui commande des articles. Il finit par faire affaire avec les plus rebelles d’entre tous, ‘Motocyclettes Sauvages’, pour le meilleur et pour le pire.

Dans la foulée, il photographie, écrit et met en page ‘Electroline Diaries‘, un document assez intimiste sur les Burbank Choppers, à l’origine de cette déferlante old school qui s’abat sur le monde encore libre. L’ouvrage, préfacé par Mike Ness, se déroule pour l’essentiel en Californie mais aborde le Japon et son Mooneyes Show, et gagne le prix de la meilleure photo/mise en page aux USA, ainsi qu’une reconnaissance internationale. En France, Laurent monte le magazine ‘PowerGlide‘ – Force Tranquille, en somme – d’après le nom des premières transmissions automatiques Chevrolet: Héros, Kustom et Rock’n’Roll sont à l’ordre du jour, et Denis Sire revient alors sur le devant de la (petite) scène francophone dans les pages de ce magazine. Laurent, rédacteur en chef et pourvoyeur de l’essentiel du contenu écrira plus tard sa biographie, mais pour l’instant diffuse trimestriellement des parcelles de son petit monde dans 7500 foyers en moyenne. Ses photos et articles sont publiés dans pas mal de journaux autour de la planète, et il s’attaque à un nouveau recueil d’images, celui-ci focalisé sur les 2-roues, ‘Rebel Motorcycles Ltd‘.

PowerGlide ayant été transformé en e-magazine sans son accord, Laurent se sépare des ‘Motocyclettes Sauvages’ qui en assuraient l’édition, et publie son quatrième livre ‘Go With Moon‘, un ouvrage retraçant l’aventure humaine et industrielle de Dean Moon et de son successeur, le Japonais Shige Suganuma. Sa société, désormais rebaptisée Mooneyes, prend un soin méticuleux à préserver l’héritage de la société Moon originelle, mais officie désormais depuis Yokohama, où Shige organise chaque année un des salons les plus remarquables de la planète.

 

Non, ami lecteur, l’automobile (et la moto) n’est pas qu’un moyen de transport : c’est un moyen d’expression, un marqueur historique, et un merveilleux trait d’union entre les époques, les arts populaires, les pays et surtout, surtout, les hommes. De plus, le moteur à explosion est réglé sur un cycle à 4 temps, tout comme le rock’n’roll… C’est ce dont traite ‘Cast Iron‘, la dernière série crossover que concocte Laurent pour cet univers coloré, attachant, mythique.

2016

La Guerre Civile espagnole a cette année 80 ans, et ses Brigades Internationales ont été qualifiées de terroristes… Le livre ‘Indios de Barcelona‘ est presque terminé et ses brigades internationales de peintres nous parlent du temps présent, d’actualité.

2017

‘Indios de Barcelona’ sort à l’été, accompagné d’une expo d’un mois à la Galerie Ex-Nihilo, en parallèle du Grenoble Street Art Festival #3. La France se dote d’un hyper président V.02 et l’Espagne voit la Catalogne s’éloigner du giron madrilène… et le président de la région fuir le pays. Les temps changent, l’expression d’un refus de ceux-ci se cristallise sur des murs d’entre deux époques – entre la tyrannie du modernisme et la fin de la dictature de l’industrie. ‘Indios de Barcelona’ décrypte les éléments de langage laissés sur les façades de la capitale de la Catalogne par une intelligence collective.

2018

Les marqueurs historiques de l’ouvrage de 2017 appellent un reportage au Mexique, tout comme les emprunts aux romans de Paco Ignacio Taibo II qui viennent éclairer les luttes sociales espagnoles et les mettre en parallèle avec les lieux visités par Travis – le personnage central de ‘Indios de Barcelona’. Chroniqueur, photographe et citoyen du monde d’après ses propres dires, il atterit à Mexico un mois avant la fin de l’année pour continuer ses recherches sur cet art des rues, initié il y a près de 100 ans dans cette ville par Diego Rivera et ses camarades. Bien des kilomètres plus tard, il rentre dans un chez lui de transit pour coucher sur papier ses impressions, l’histoire de la peinture murale au Mexique et la remarquable initiative des Germen Crew qui réussirent à éliminer le crime et élever les consciences en repeignant tout un quartier de la ville de Pachuca, dans l’état d’Hidalgo. Le tout dans ‘Mexican Street Art’, sorti en Juin 2018, accompagné d’un documentaire réalisé par Pablo Romo, de ‘Street Active Lifestyle‘… Sigue en el camino!

photo Pablo Romo

Version Anglaise

Online friend, kind custom officer or possible NSA employee, here is the best and most accurate document dealing with Laurent Bagnard, my little person, my trajectory and roots in this world. If this exercise must begin with a date of birth, should it match its context and be surrounded by chosen historical facts which really deserve attention – and punctuate a journey through time reaching today! Please allow me to get rid of the first person in the following text and let’s directly dive into year :

 

1963

 

Bob Marley starts the Wailers, the Rolling Stones are touring with The Ronettes, The Beatles put out ‘Please Please Me’, the Kingsmen ‘Louie Louie’ and Johnny Cash ‘Ring of Fire’.

Kodak creates the first Instamatic camera, the first computer graphic interface is invented, as well as the first inkjet printer (Teletype Inktronic).

This year’s movies are : Hichcock’s ‘Birds’, ‘James Bond vs Dr No’, as well as ‘Dying in Madrid’ (a French documentary about the Spanish Civil War… censored in France). In the bookstands, one can find the very first ‘Iron Man’ and ‘X-Men’ comic books, as well as the following novels: Kerouac’s ‘Visions of Gerard’ and Clifford D Simak’s ‘Way Station’.

In France, the first nuclear plant is running; this country signs a friendship and coordination treaty with Germany, 18 years after the end of WWII – if one can consider the war being really over.

The ‘Hotline’ – a fairly convenient link from the Kremlin to the Pentagon in Cold War times – is set up.

At the same time, John F. Kennedy declares in West Berlin (a capitalist enclave in a German territory under Communist control) ‘I am a Berliner’ (June 26th) and then gets shot down in Dallas, TX, on Nov. 22nd. In the meantime, he had supported Martin Luther King in his non-violent fight against racial discrimination in the USA, started a disarmament process with the USSR as well as a retreat of the ‘US military advisors’ in Vietnam.

She is Russian and an astronaut : Valentina Terchkova becomes the first woman in space, after a 3 days orbital journey around the Blue Planet in her Vostok 6. Brigitte Bardot is satisfied by just being stunning in ‘Le Mépris’, a movie shot by new wave director Jean-Luc Godard, inspired by the eponymous novel by Alberto Moravia.

Porsche unveils the 911 model, californian Dean Moon shows Europe the power of the blown V8 engine and awakes in this part of the world (at the Brighton Speed Trials) the male interest for sheer speed and straight line performance : drag racing.

Johnny Depp, Brad Pitt, Alejandro Gonzalez Inarritu, Jet Li, Quentin Tarantino, Roch Voisine and Laurent Bagnard come to life. This last one in Paris, April 10th.

 

1975

 

Tom Waits puts out ‘Nighthawks at the diner’, Patti Smith ‘Horses’, Bruce Springsteen ‘Born to Run’, The Who ‘The Who by Numbers’. In London, a witty lad named Malcom Mac Laren – with the help of friend Bernard Rhodes – recruits a wittier and younger fellow still known as John Lydon in order to sing in a newly set-up band already called The Sex Pistols.

Kodak invents the very first digital camera. The Micro-Soft company is founded in Albuquerque, NM, USA.

Movie dept.: ‘Jaws’ accredits the theory of evolution by waking up the atavistic memory of an entire generation. ‘Histoire d’O’ drips from the movie screens while ‘One Flew Over the Cuckoo’s Nest’ hides the fact that the author’s original eponymous novel funded his ‘Acid Test’, inspiring The Who’s ‘Magic Bus’ track – a digression that allows us to introduce the movie ‘Tommy’, released this year as well! Written by the guitar player, acted by the singer and their rock’n’roll jet set pals, it is combined with the release of a double ‘opera rock’ LP, in two versions featuring two (quite) quiestionable artwork pieces.

Valéry Giscard d’Estaing, the French President, invites himself for dinner … in middle class homes (with a state-employed TV crew). Meanwhile, Saigon becomes Ho-Chi-Min City, as the Americans have lost the Vietnam war against a comunist regime which celebrates victory by purging its own population : WWII hardly finds an end. Francisco Franco, the spanish dictator since 1939, dies in November – that’s the end for him, undoubtly.

The U.N declares 1975 to be ‘the International Women’s Year’. Andrei Sakharov, Soviet’s H-Bomb’ originator, is awarded the Nobel Peace Prize.

In France, the adult contra-culture quarterly comic book ‘Metal Hurlant’ hits the newstands. It’ll be know in later years as ‘Heavy Metal’ in foreign countries.

Starsky drives a Ford Gran Torino. Its side white stripes inspire numerous Renault 12 in France.

Laurent Bagnard is offered his first camera, a Kodak Instamatic, as well as ‘Tommy’ the first LP he ever owned (and still does !). Picturing Giscard inviting himself at the family table for dinner makes hime secretly tremble. He likes drawing and building model toys rather than playing football for example. He would like to become an astronaut.

 

1977

 

The Holly Year takes off with the Sex Pistols’ ‘Never Mind the Bollocks’ and The Clash’s first LP as a soundtrack. A little earlier was released ‘Ramones’, followed by ‘Rocket to Russia’ and ‘Leave Home’; the mighty ’76 single ‘New Rose’ by the Damned introduced the ‘made to be played high at low volume’ ‘Damned, Damned, Damned’ LP while the Jam pump up sixties standards and the Stranglers re-invent the Doors. Television break new ground carving ‘Marquee Moon’ in wax and Bob Marley opportunely puts out ‘Punky Reggae Party’.

Denis Sire draws ‘Diabolic Threat’ in Metal Hurlant and his publishing company starts printing Corben, Frazetta, Wrightson, Ellison, Ambler, Bukowsky etc…

More than a year will be necessary for Laurent to digest all this – as well as the God forsaken environment his family settles down. The Clash’s Joe Strummer has got ‘Creative Violence’ painted on his overall sleeve. Laurent listens, draws, reads Metal Hurlant, builds less model toys and will never play football. He takes pictures of his town from the rooftops on rainy days.

Meanwhile, the world keeps on turning, although it most likely will never be the same; Laurent will never become an astronaut.

 

1979

 

Laurent discovers a new world through The Clash’s ‘London Calling’ and Pennie Smith’s photo book ‘Clash before and after’. He reads Kerouac. He starts his first band, ‘’78 rpm’ (a name taken from Stiff Little Fingers’ single), then ‘Peaches’ from a Stranglers’ tune – the very first thing he learned on bass.

Philip Kaufman’s ‘The Wanderers’ is out on the screens.

Sid Vicious removes himself from the living kind at age 22. Laurent and his gang will never be tempted to follow his example.

 

1980

 

‘Sandinista’, The Clash’s triple LP talks about the world in a much better way than the official news. Rap and Hip-Hop are just blooming in New York City, the revolution wins in Nacaragua, Fidel Castro, Che Guevarra, Victor Jara, Salvator Allende team up with earlier heroes such as Stagger Lee, Monty Cliff and the Spanish War republicans brought in Laurent’s burgeoning life through ‘London Calling’.

The world comes naturally to him in a musical way.

 

1981

 

France becomes socialist under a banner which said ‘La Force Tranquille’ (The Calm Power), thanks to an enthusiast youth.

The very first issue of Nitro magazine is out on the newstands. Denis Sire designs the logo and draws the editorial’s illustrations during a couple issues. Vince Taylor and The Clash team up there for a shot, seated on the hood of a ‘Brand New Cadillac’. The era, interestingly, seems to go backwards in style: cars from the 50s are back again on magazine covers, and american ones show off shameless despite the price of gasoline. Punk rock has the grace of acknowledging its roots. In California, Mike Ness and his Social Distortion combo release their first single.

 

1984-1999

 

Laurent’s orwellian coming of age starts off with an Art School diploma and a colorful will to build himself a little world with his guitar, his camera and some pencils too. The junction of the whole wide world and his own one will happen in an entirely different way, mostly by adding survival jobs to lousy ones (art teacher substitute, burger cook, theater set painter…). He’ll end up these adult life classes in some squatt without heating, facing a fractious computer he fought against to learn typing with 10 fingers, in a winter so cold it was freezing inside his office. He writes there a serie of short stories, becomes prop manager for the time of a short film, writes a longer script, leaves his band, paints, and finally involves himself in the broadcasting field, for the love of image, narration, rythm and also because he needed to eat.

He begins then a more than 10 years long worldwide tour of various production or post production companies, from Europe to the Americas, Middle East, Asia… He’ll work in 42 countries, precisely, and will fly through the nineties most of the time seated in economy class, reading news of the world in English or US papers. He’ll fly over the Berlin wall fall and the Soviet Union’s collapse, will participate from afar to his country’s alternation government, will add his personal touch to a film about the decay of the ex-USSR’s nuke plants, will invest himself in the commercial deals announcing the end of the war in Kossovo before anything is published in the official press, will program some of the computers which will generate graphics announcing without a surprise the winning of Silvio Berlusconi for Italy’s presidency, will see from afar the right wing gaining ground over the left one in good ol’ Europe and the capitalist model spreading its influence from Poland to China. He’ll read Castaneda in the Mexican desert, Borges in Argentina, Paco Ignacio Taibo II in Saudi Arabia, Kerouac in Southern California and will always travel with his faithful Nikon F2 and a reliable CD collection bought around the world. He’ll end up living in Mexico, after an exhausting journey and the birth of his first child.

 

2000-2014

 

Tired of the 16,7 million colors that computers usually deal with, he discovers again the pleasure of painting in his Mexican house, built quite close to the one D.H Lawrence lived in back in 1923. He visits Trotsky’s one in Mexico city, drive daily a ’55 Chevy (his first model toy) et flies over the border to California to see Mike Ness and Joe Strummer rock Los Angeles right before the end of the millenium.

The american car subculture rolls on a 4-stroke beat which owes a lot to a now 20+ years old punk rock wave! The redescovery of traditional hot rod and custom spreads out to the whole world thanks to the burgeonning Internet to the tunes of Mike Ness’ solo records, mixing flat black paint and evil lowered Chevy with Bob Dylan, Hank Williams and Wanda Jackson’s covers to name a few. Laurent documents moments of it.

Business matters bring him back to France, but his self-appointed status as a citizen of the world flies him back to California where he interviews both Ness and Strummer, finds an art gallery interested in his paintings, and meets a literary agent interested in his stories in NYC. He travels back to France and writes for Crossroads magazine. 9-11 literally chops off his wings while the world steps into the ‘new order’ predicted by ‘W’ in Aspen, Montana, a couple months ago. Hunter S. Thompson (an Aspen resident), dies a few years afterwards as Bush works for a re-election after a disastrous Gulf war. Laurent documents the ‘Rock Against Bush’ tour, writes for the French press but unfortunately can’t sell any of his hot rod based articles. He decides to leave the TV hi-tech field before it leaves him and focuses on his obsolete but trustful camera (!) as his second kid comes to life.

He takes shelter in Geneva, Switzerland, and meets the Cheaters Car Club there. He spends quality time with the boys and documents life around those 50’s oriented gang. He puts out a first book entitled ‘Cheatersville’ after a year spent with them chopping tops and playing vintage Gretsch guitars. The flat paint, hair cream and rock’n’roll combo in black and white or bright colors, both timeless and offbeat, shakes the so-called specialized press which finally starts buying him articles. He eventually deals with the most rebellious of them all, ‘Wild Motorcycles’, for better or for worse.

By then, he photographs, writes and designs his second book, ‘Electroline Diaries’, a rather intimate document on the Burbank Choppers, the source of the old school wave that has struck the still-free world! With a foreword by Mike Ness, the story takes mainly place in California but reaches Japan and its Yokohama Mooneyes Show; it will be awarded for best picture / layout in the US, and will gain international recognition. In France, Laurent sets up ‘Powerglide magazine’ : Heroes, Kustom & Rock’n’roll are on its agenda, and Denis Sire makes a come back through its pages. Laurent, editor in chief and supplier of more than 80% of its contents will later on write his biography but for now delivers quarterly fragments of his little colorful world to an average 7500 homes. His photos and articles are published in quite a lot of magazines worldwide, and he starts a new photobook entititled ‘Rebel Motorcycles Ltd’ – an ovierview of the motorcycle cool of the times.

Powerglide having been turned into an e-magazine without his agreement, Laurent leaves ‘Wild Motorcycle Publishing’ and puts out his fourth book, ‘Go With Moon’, both the human and automotive adventure of Dean Moon and his follower, Shige Suganuma. This company, now rechristened Mooneyes, takes a meticulous care of the originator’s inheritance but operates since Yokohama, Japan, where one of the most impressive hot rod and kustom show is yearly set up by Shige and his dedicated staff.

Cars – and bikes – are definitively not just a mean of transportation : it is a medium of self-expression, an historical landmark, a bridge over decades and countries, an inspiration for popular arts, and mostly a wonderful way of bringing people together. Furthermore, the fuel engine is designed on a 4-stroke basis, and rock’n’roll is equally tuned to a 4 beat count: that’s what ‘Cast Iron’, Laurent’s last coffee table magazine was about.

 

2016

 

The Spanish Civil War is 80 years old this year, and the International Brigades were named as terrorists in newspapers here and there… The book ‘Indios de Barcelona’ is about to be finished and its Int’l Painters Brigades talk about current times and affairs.

2017

‘Indios de Barcelona’ is released in summer, and some 25 pictures (excerpts) are exhibited at the Ex-Nihilo Gallery during the Grenoble Street Art Festival #3 for a month. Meanwhile, France elects a new breed of hyper-president, firmly willing to end up the 1945 benefits (and kill the Welfare State) and begin the transformation of this old country in a  ‘start-up nation’… Whatta program! As Spain faces Catalunia’s desire of independance, the government ungraciously sentences it in a quite Franco-like way and forces the secessionist leaders to seek shelter abroad. But not in France.

Times are – a – changin’ one more time and some protest do take shape on the walls stuck in between the tyranny of modernism and the dictatorship of industry’s end. ‘Indios de Barcelona’ decyphers some of the language a collective and rebellious intelligence had drawn all over them.

 

2018

Many indications on 2017’s book were screaming for a sequel in Mexico. So Travis, the main character of ‘Indios de Barcelona’ ends up in the Federal Capital one winter morning. This so-called ‘Citizen of The World’ shoots murals there, meets artists and people from the scene in a central trip that takes him to Guadalajara and Pachuca, writes down notes and remembers that Muralism was a Mexican artform which started in the early twenties, then spreaded out all over the Americas and reached our times labeled ‘Street Art’.

In this book entitled ‘Mexican Street Art’, Travis gives an overview of what Muralism tends to look like in Central Mexico, concluding with a stunning 40.000 square meter piece, done by the Germen Crew, which turned a deprived area, ‘Las Palmitas’ in the city of Pachuca, into a work of art – bringing crime rate to none! Filmed by Pablo Romo, from ‘Street Active Lifestyle‘, a documentary of this exemplary action is also available on dvd with the book.

 

 

photo Pablo Romo